Editions
La Souillarde
Extrait…
Colette Asseman
Socrate
Il passait une bonne partie de la matinée et de l’après-midi à dormir. Là, non seulement nous pouvions souffler mais en profiter aussi pour combler notre frustration de caresses que son état léthargique nous permettait enfin.
C’est alors qu’un jour nos enfants annoncèrent à Socrate qu’ils avaient acheté une maison et qu’ils allaient vivre à la campagne.
Après quelques semaines de pension chez nous, émaillées de sottises et de quelques nouvelles fugues, notre Socrate découvrit avec satisfaction une chatière donnant sur le jardin et les champs, fit ses besoins dans la nature et ramena régulièrement à ses maîtres oiseaux, souris et même un pauvre petit lapin qu’il déposa encore vivant dans la maison.
Il n’a certes pas pris la cigüe comme le philosophe du même nom. Il est mort victime de son indépendance. Il est sorti côté opposé au jardin. Les voitures vont vite à l’entrée du village, les phares éblouissent les animaux. Sa majesté Socrate fut enterrée dans le jardin…